Chère lectrice, cher lecteur,
Le jeudi 9 avril 2026, une première mondiale aura lieu…en France.
Discrètement. Sans faire les gros titres.
Une bourse française du nom de Lise, avec BNP Paribas et Bpifrance à son capital, va faire quelque chose qui était jusqu’ici impossible :
Introduire en bourse une PME française, sous-traitant aéronautique, du nom de ST Group.
Ce n’est pas une IPO « classique » qui aurait été hors de portée pour cette PME.
C’est une IPO dont toute l’infrastructure repose sur une blockchain, de l’émission des titres à leur détention.
Quand Gutenberg a inventé l’imprimerie en 1450
Les scribes.
Ceux qui avaient passé vingt ans à perfectionner leur calligraphie.
Ceux qui copiaient les livres à la main, lentement, avec une précision acquise au fil des décennies.
Ont tout de suite été remplacés parce que les rails avaient changé.
Le point clé de l’imprimerie, ce n’était pas « un livre un peu mieux imprimé ».
C’était que le coût de reproduction s’effondrait.
Que la distribution changeait d’échelle.
Qu’une idée pouvait désormais se propager partout, vite, de façon standardisée, sans passer par une guilde de scribes qui contrôlait l’accès.
Ce qui a changé, ce n’est pas le contenu des livres.
C’est le système de production et de distribution.
Et les gagnants ont été ceux qui ont compris que les nouvelles presses définiraient les nouvelles règles.
L’IPO onchain de ST Group, c’est exactement la même mécanique.
On ne modernise pas la bourse.
On change le support. On change les rails.
On change qui peut potentiellement accéder à quoi, à quelle vitesse, avec quelles frictions.
Aujourd’hui, une PME aéronautique. Demain, pourquoi pas des obligations d’infrastructure, des fonds immobiliers, des parts de capital privé ?
Sauf que là où je veux en venir est différent de ce qu’on lit dans les médias.
La plupart des articles traitent cette news comme un fait divers technologique. « Ah tiens, une IPO blockchain, intéressant. »
Je vois autre chose.
Je vois le début d’un basculement d’infrastructure. Lent, graduel, puis soudain.
Vous l’avez peut-être constaté vous aussi : les annonces de tokenisation se multiplient depuis 18 mois.
BlackRock, Franklin Templeton, Société Générale Forge…
Et maintenant Lise avec ST Group.
Ce n’est pas une coïncidence. Ce n’est pas une mode.
C’est une convergence.
Les institutions tâtent le terrain. Elles construisent les rails.
Et dans ce genre de basculement, il y a une règle implacable :
Les gagnants sont ceux qui se positionnent tôt.
Ce qui se passe après demain avec ST Group et Lise n’est pas anecdotique.
C’est le début d’un inventaire.
L’inventaire de qui sera positionné sur les nouvelles infrastructures quand elles deviendront le standard, et qui restera coincé sur les anciens rails.
C’est précisément pour ça que nos équipes analysent depuis plusieurs mois quels acteurs, quels protocoles et quelles infrastructures sont en train de construire les « presses de Gutenberg » du monde financier.
Le résultat de cette enquête est ici, notre analyse complète pour investir dans l’infrastructure du monde qui arrive.
Je vais conclure avec une pensée que j’ai depuis ce matin.
En 1455, les scribes les plus talentueux d’Europe regardaient Gutenberg avec scepticisme. « La qualité n’est pas la même. » « Ça ne remplacera jamais le vrai travail à la main. » « C’est un gadget pour amateurs. »
Trente ans plus tard, le métier de scribe avait pratiquement disparu.
Jeudi, une PME du secteur aéronautique entre en bourse via une infrastructure blockchain. BNP Paribas et Bpifrance ont investi dans la plateforme qui la porte.
Vous pouvez appeler ça un gadget.
Ou vous pouvez voir ce que c’est vraiment : le premier livre sorti des nouvelles presses.
À bientôt,
Mehdi Berrada
Objectif Libre & Indépendant





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